Il y a des souvenirs qui tiennent sur une feuille de papier. Une fleur rose, une petite tige, un pétale que l’on regarde encore avant de refermer le livre. Autour, la promenade continue.
J’aime cette rencontre entre un lieu très grand et une chose minuscule. Sur cette photo partagée sur Instagram, la place, les façades et le ciel prennent presque toute la vue. Pourtant, mes yeux reviennent aux deux fleurs posées au premier plan.
Ce que l’on remarque en marchant
Presser des fleurs a changé ma façon de regarder les lieux. Une rue ne se résume plus à ses bâtiments ; il y a aussi ce qui pousse à côté, une ombre sur une feuille, une couleur au pied d’un mur.
Je suis architecte et designer. Les lignes et les espaces m’accompagnent depuis longtemps, mais les fleurs me demandent une autre attention. Il faut se rapprocher pour voir une nervure ou le pli d’un pétale.
Tout ne doit pas être emporté. On peut aussi rentrer avec une photographie, une couleur en mémoire ou simplement l’envie de regarder davantage la prochaine fois.
Retrouver autrement
Une fleur pressée ne raconte pas tout d’un voyage. Elle en garde un fragment. Le bruit de la place n’est plus là, la lumière a changé, mais cette forme suffit parfois à faire revenir quelque chose.
Plus tard, sur le papier, elle trouve une autre place. Elle peut rester seule ou rencontrer des feuilles venues d’ailleurs. La composition commence dans ce passage entre le souvenir et ce que j’ai sous les yeux.
Dans l’atelier, les promenades et les saisons font partie du travail. Les tableaux en gardent des traces, discrètes, sans avoir besoin de tout raconter.
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