Les fleurs attirent souvent le regard en premier. Pourtant, devant une feuille pressée, je peux rester longtemps. Il y a son contour, les nervures, les passages du vert au brun. Toute une composition existe déjà à cette petite échelle.
Mil hojas est un tableau de feuilles. Leur diversité suffit à occuper le papier : des formes allongées, d’autres plus larges, des découpes fines qui laissent apparaître le fond.
Des nuances discrètes
Le vert n’est jamais tout à fait le même d’une feuille à l’autre. Sur ce tableau, il rencontre des tons plus sombres, du brun et du prune. Ces couleurs demandent de s’approcher plutôt que de regarder vite.
J’aime que l’œil puisse passer d’un détail à un autre sans trouver un seul centre évident. Une nervure guide le regard, puis le bord d’une feuille le ramène ailleurs.
Dessiner avec ce qui existe
Une fougère apporte un rythme très différent de celui d’une feuille pleine. Ses petites divisions répètent une forme tout le long de la tige. À côté, une surface plus large donne une pause.
Sur le papier coton, ces différences deviennent la matière du tableau. Je n’ai pas besoin d’inventer leurs contours ; je cherche comment les faire vivre ensemble, en gardant assez d’espace pour les voir.
La forêt tient une place importante dans mon regard depuis que je vis en Belgique. Les saisons y modifient les couleurs et la lumière. Les feuilles rendent ces changements particulièrement visibles.
Regarder ce qui accompagne les fleurs
Cette attention peut commencer très simplement pendant une promenade. Regarder une feuille encore sur sa branche, suivre son contour, remarquer ce qui la distingue de sa voisine.
Il n’est pas nécessaire de connaître son nom pour prendre le temps de la voir. Dans la collection, les feuilles ont autant de place que les pétales. Elles apportent une autre façon de raconter le végétal.
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